Nutrition · Cœur et vaisseaux

Le chocolat noir est-il bon pour le cœur ?

En conclusion

Ce n'est pas démontré. Les produits au cacao riches en flavanols font un peu baisser la tension à court terme, d'environ 2 mmHg, et le cholestérol LDL. Mais dans un grand essai, un extrait de cacao en gélules n'a pas réduit de façon significative l'ensemble des accidents cardiovasculaires, malgré moins de décès cardiovasculaires, un résultat secondaire. Les études d'observation ne montrent qu'un lien modeste.

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Par La rédaction d’Après Vérification
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Ce qu’on entend

Manger du chocolat noir, riche en cacao, protégerait le cœur et les vaisseaux.

Une idée souvent reprise, qui s'appuie sur les flavanols du cacao, des composés étudiés pour leurs effets sur les vaisseaux.

Ce que dit la science

Ce que montrent les études, point par point.

  • Ce qui est juste : les produits au cacao riches en flavanols font un peu baisser la tension, d'environ 2 mmHg en quelques semaines, selon une revue Cochrane de 35 essais[1].
  • Une méta-analyse de 31 essais, avec du cacao ou du chocolat à au moins 70 %, trouve aussi une légère baisse du cholestérol LDL et de la glycémie, sans effet significatif sur le poids[2].
  • Mais dans un grand essai de 21 442 adultes âgés, un extrait de cacao en gélules n'a pas réduit de façon significative l'ensemble des accidents cardiovasculaires en un peu plus de trois ans et demi[3].
  • Dans cet essai, le risque de décès cardiovasculaire était inférieur de 27 %, un critère secondaire que les auteurs demandent d'interpréter avec prudence[3].
  • Les études d'observation ne trouvent qu'un lien modeste entre chocolat et maladies cardiovasculaires, d'une crédibilité jugée faible ou très faible par leurs auteurs[4].

Solidité des preuves, effet par effet

  • Tension artérielle un peu plus basse

    Solidité des preuves : Tension artérielle un peu plus basse : Modérée

    Revue Cochrane de 35 essais : baisse d'environ 2 mmHg en quelques semaines, qualité modérée ; méta-analyse de 2024 concordante, certitude modérée.[1][2]

  • Cholestérol LDL un peu plus bas

    Solidité des preuves : Cholestérol LDL un peu plus bas : Modérée

    Une méta-analyse de 31 essais de 4 à 24 semaines : baisse d'environ 9 mg/dl ; certitude jugée modérée par les auteurs.[2]

  • Effet sur les accidents cardiovasculaires

    Solidité des preuves : Effet sur les accidents cardiovasculaires : Modérée

    Un grand essai en double aveugle, avec un extrait en gélules : pas de baisse significative du critère principal ; moins de décès cardiovasculaires, critère secondaire.[3]

  • Lien entre chocolat et maladies cardiovasculaires

    Solidité des preuves : Lien entre chocolat et maladies cardiovasculaires : Faible

    Études d'observation : lien modeste, crédibilité faible ou très faible selon les auteurs ; chocolat noir et au lait non distingués.[4]

Ces niveaux décrivent les études disponibles. Comment nous l'évaluons

Pour comprendre

Les notions utiles pour lire ces résultats.

La tension et le cholestérol

En 2017, une revue Cochrane a réuni 35 essais randomisés d'au moins deux semaines, soit 1 804 participants, surtout en bonne santé. Ils consommaient chaque jour des produits au cacao apportant de 30 à 1 218 mg de flavanols, ou des produits qui en contenaient peu ou pas. Après neuf semaines en moyenne, la tension baissait d'environ 1,8 mmHg, pour la systolique comme pour la diastolique. L'effet semblait plus net chez les personnes hypertendues, environ 4 mmHg pour la systolique, un résultat de sous-groupe à confirmer. Les auteurs jugent ces preuves de qualité modérée, à court terme, et demandent des essais longs sur les accidents cardiovasculaires. L'effet diminue un peu quand on écarte les essais dont des auteurs étaient employés par l'industriel qui les finançait, signe possible d'un biais dans la publication des résultats selon les auteurs[1].

En 2024, une méta-analyse de 31 essais d'au moins quatre semaines, soit 1 986 adultes, a testé un extrait de cacao ou un chocolat noir à au moins 70 % de cacao. Elle trouve une baisse de la tension du même ordre, une baisse du cholestérol LDL d'environ 9 mg/dl et de la glycémie à jeun d'environ 5 mg/dl, sans effet significatif sur le poids, le tour de taille ni l'hémoglobine glyquée ; ses auteurs jugent la certitude de ces résultats modérée. Les groupes témoins recevaient un placebo ou un chocolat moins riche en cacao[2].

Les accidents cardiovasculaires

Ces marqueurs ne disent pas, à eux seuls, si le cacao évite des infarctus ou des AVC. L'essai COSMOS a tiré au sort 21 442 Américains, des femmes de 65 ans et plus et des hommes de 60 ans et plus sans antécédent d'infarctus ni d'AVC, entre un extrait de cacao, 500 mg de flavanols par jour en gélules, et un placebo. En 3,6 ans de suivi (médiane), 410 participants sous extrait et 456 sous placebo ont eu un accident cardiovasculaire, une différence non significative. Le risque de décès cardiovasculaire était inférieur de 27 %, un critère secondaire, sans correction pour les comparaisons multiples ; en ne gardant que les participants qui prenaient bien leurs gélules, l'ensemble des accidents baissait aussi. Les auteurs demandent d'interpréter ces deux résultats avec prudence et concluent que d'autres recherches sont nécessaires. L'essai a été financé par une subvention de la branche nutrition d'un groupe agroalimentaire, qui a aussi fourni les gélules, et en partie par les Instituts nationaux de santé américains ; selon les auteurs, l'entreprise n'a joué aucun rôle dans la conception de l'essai, l'analyse ni la rédaction[3].

Les études d'observation

En 2020, une méta-analyse de 27 études prospectives associait chaque 10 g de chocolat par jour à un risque un peu plus bas de maladie coronarienne, de 4 %, et d'AVC, de 10 %, sans lien avec l'insuffisance cardiaque ni le diabète. Aucune de ces études ne distinguait le chocolat noir du chocolat au lait. Ses auteurs jugent la crédibilité de ces résultats faible ou très faible, et rappellent l'incertitude qui demeure[4].

Ces travaux portent sur des produits riches en flavanols ou sur un extrait en gélules ; ils ne disent pas combien de flavanols contient une tablette donnée. Ce site ne remplace pas un avis médical : en cas d'hypertension ou de maladie cardiaque, c'est au médecin de conseiller.

Questions fréquentes

Des réponses courtes aux questions les plus courantes.

Un carré de chocolat noir équivaut-il aux gélules de l'essai ?

Les études réunies ici ne permettent pas de le dire. L'essai sur les accidents cardiovasculaires utilisait un extrait de cacao en gélules, à 500 mg de flavanols par jour[3], et les essais sur la tension des produits apportant de 30 à 1 218 mg de flavanols par jour[1]. En 2012, l'Autorité européenne de sécurité des aliments a jugé établi que 200 mg de flavanols du cacao par jour, apportés par exemple par 10 g de chocolat noir riche en flavanols, aident à maintenir la dilatation normale des vaisseaux[5], un effet sur la circulation, pas sur les maladies cardiovasculaires. La teneur d'une tablette du commerce n'a pas été étudiée par ces travaux.

Le chocolat noir fait-il grossir ?

Dans une méta-analyse de 31 essais d'au moins quatre semaines, la consommation de cacao ou de chocolat noir n'a pas modifié de façon significative le poids, l'indice de masse corporelle ni le tour de taille[2]. Le cacao y était comparé à un placebo ou à un chocolat moins riche en cacao : ces essais ne disent pas si ajouter du chocolat à son alimentation fait grossir.

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Sources

Les études et les institutions sur lesquelles s'appuie cette fiche.

5 sources consultées

Sur quoi repose cette ficheClassées selon la hiérarchie des preuves
  • Synthèses et recommandations3
  • Essais randomisés et rapports institutionnels2

Numérotées dans l'ordre de lecture. Le signe ↗ indique un lien vers un autre site.

  1. 1

    Ried K., Fakler P., Stocks N.P. Effect of cocoa on blood pressure. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2017.

    Revue systématique · chez l'humain · accès libre

    DOI 10.1002/14651858.CD008893.pub3 (site externe, nouvel onglet)PubMed 28439881 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Mise à jour (recherche jusqu'en novembre 2016) : 35 essais randomisés d'au moins deux semaines, 40 comparaisons, 1 804 participants surtout en bonne santé ; 30 à 1 218 mg de flavanols par jour (moyenne 670 mg) dans 1,4 à 105 g de produits au cacao, contre des produits sans ou pauvres en flavanols. Tension systolique -1,76 mmHg (IC 95 % -3,09 à -0,43), diastolique -1,76 mmHg (-2,57 à -0,94), sur deux à 18 semaines (neuf en moyenne). Systolique -4 mmHg chez les personnes hypertendues (sous-groupe, à confirmer). Troubles digestifs chez 1 % des participants. Sept essais financés par des entreprises intéressées à leurs résultats, avec un effet un peu plus grand (résumé en langage simple). Qualité des preuves modérée (hétérogénéité inexpliquée) ; essais longs sur les événements cardiovasculaires demandés. En écartant les essais dont des auteurs étaient employés par l'industriel qui les finançait (33 essais, 1 482 participants), l'effet diminue un peu, signe d'un possible biais de publication selon les auteurs. Résumé lu.

  2. 2

    Arisi T.O.P., da Silva D.S., Stein E. et al. Effects of Cocoa Consumption on Cardiometabolic Risk Markers : Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials. Nutrients, 2024.

    Méta-analyse · chez l'humain · accès libre

    DOI 10.3390/nu16121919 (site externe, nouvel onglet)PubMed 38931273 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    31 essais randomisés d'au moins quatre semaines, 1 986 adultes, extrait de cacao ou chocolat noir à au moins 70 % de cacao. Pas d'effet sur le poids, l'IMC, le tour de taille, les triglycérides, le HDL ni l'HbA1c. Baisse du cholestérol total (-8,35 mg/dl), du LDL (-9,47 mg/dl), de la glycémie à jeun (-4,91 mg/dl), de la tension systolique (-2,52 mmHg) et diastolique (-1,58 mmHg). Témoins : placebo ou chocolat à moins de 70 % de cacao (blanc ou au lait). Certitude GRADE modérée pour les mesures corporelles, les lipides, la glycémie et la tension (abaissée d'un cran pour imprécision) ; 9 essais à faible risque de biais, 22 avec quelques réserves ; témoins parfois inadaptés (chocolat blanc employé comme placebo). Résumé et texte intégral lus.

  3. 3

    Sesso H.D., Manson J.E., Aragaki A.K. et al. Effect of cocoa flavanol supplementation for the prevention of cardiovascular disease events : the COcoa Supplement and Multivitamin Outcomes Study (COSMOS) randomized clinical trial. The American Journal of Clinical Nutrition, 2022.

    Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 21 442 · accès libre

    DOI 10.1093/ajcn/nqac055 (site externe, nouvel onglet)PubMed 35294962 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Essai en double aveugle contre placebo, 21 442 Américains (12 666 femmes de 65 ans et plus, 8 776 hommes de 60 ans et plus) sans antécédent d'infarctus ni d'AVC, extrait de cacao à 500 mg de flavanols par jour en gélules. Suivi médian de 3,6 ans : 410 accidents cardiovasculaires sous extrait, 456 sous placebo (rapport de risque 0,90 ; IC 95 % 0,78 à 1,02 ; non significatif). Critères secondaires : décès cardiovasculaires -27 % (0,73 ; 0,54 à 0,98), infarctus 0,87, AVC 0,91, mortalité totale 0,89 (0,77 à 1,03). Critères secondaires sans correction pour les comparaisons multiples, à interpréter avec prudence selon les auteurs. Analyse limitée aux participants observants : 0,85 (0,72 à 0,99), fondée sur des hypothèses supplémentaires, à interpréter avec prudence selon les auteurs. Aucun problème de sécurité. Recherches supplémentaires demandées par les auteurs. Résumé et texte intégral lus.

  4. 4

    Morze J., Schwedhelm C., Bencic A. et al. Chocolate and risk of chronic disease : a systematic review and dose-response meta-analysis. European Journal of Nutrition, 2020.

    Méta-analyse · chez l'humain · accès libre

    DOI 10.1007/s00394-019-01914-9 (site externe, nouvel onglet)PubMed 30805697 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    27 études prospectives (recherche jusqu'en juillet 2018). Pour chaque 10 g de chocolat par jour : maladie coronarienne RR 0,96 (IC 95 % 0,93 à 0,99), AVC 0,90 (0,82 à 0,98) ; pas d'association avec l'insuffisance cardiaque ni le diabète de type 2. Crédibilité (NutriGrade) faible pour les maladies coronariennes et l'AVC, très faible pour les autres maladies. Aucune étude ne distinguait le chocolat noir du chocolat au lait. Résumé et texte intégral lus.

  5. 5

    Autorité européenne de sécurité des aliments (EFSA), groupe scientifique NDA. Scientific Opinion on the substantiation of a health claim related to cocoa flavanols and maintenance of normal endothelium-dependent vasodilation pursuant to Article 13(5) of Regulation (EC) No 1924/2006. EFSA Journal 2012;10(7):2809, 2012.

    Rapport institutionnel · accès libre

    Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Avis rendu à la demande d'un industriel du chocolat (PMID 42016115, PMC13093062). Relation de cause à effet établie entre la consommation de flavanols du cacao et le maintien d'une vasodilatation normale dépendante de l'endothélium, d'après un essai de 12 semaines et d'autres études. Formulation retenue : « Cocoa flavanols help maintain endothelium-dependent vasodilation, which contributes to normal blood flow ». Effet obtenu avec 200 mg de flavanols par jour, soit 2,5 g de poudre de cacao ou 10 g de chocolat noir riches en flavanols. L'avis ne porte pas sur la prévention des maladies cardiovasculaires. Résumé lu ; autorisation de l'allégation dans le droit européen non vérifiée.

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Thèmes : Cœur et vaisseaux, Nutrition

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