Nutrition

La vitamine C protège-t-elle du rhume ?

En conclusion

Non, pas pour la plupart des gens. Prise tous les jours, la vitamine C n'évite pas le rhume dans la population générale, mais elle le raccourcit un peu : de 8 % chez l'adulte et de 14 % chez l'enfant. Elle réduit de moitié environ le risque de rhume lors d'efforts physiques extrêmes. Prise seulement au début du rhume, elle n'a pas d'effet régulier. Les fortes doses ne sont pas anodines.

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Par La rédaction d’Après Vérification
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Ce qu’on entend

Prendre de la vitamine C, en jus d'agrumes ou en comprimés, protégerait du rhume, et en prendre dès les premiers symptômes permettrait de guérir plus vite.

Un conseil qui revient chaque hiver, et l'un des compléments alimentaires les plus consommés pendant cette saison.

Ce que dit la science

Ce que montrent les études, point par point.

  • Ce qui est juste : prise tous les jours, la vitamine C raccourcit un peu les rhumes, de 8 % chez l'adulte et de 14 % chez l'enfant, d'après la revue Cochrane[1] ; à au moins 1 g par jour, elle les rend aussi un peu moins intenses, de 15 % dans 10 essais[2].
  • Elle n'évite pas le rhume : chez 10 708 participants de la population générale, le risque d'en attraper un ne baisse pratiquement pas[1].
  • Exception : chez 598 marathoniens, skieurs et soldats en exercice dans le froid subarctique, ce risque était réduit de moitié environ[1].
  • Prise seulement au début du rhume, elle n'a pas montré d'effet régulier sur sa durée ni sur son intensité[1] ; pour l'Inserm, aucune étude n'a démontré clairement de bénéfice des fortes doses[3].
  • Les fortes doses ne sont pas anodines : chez les hommes, les compléments d'au moins 1 000 mg par jour sont associés à un peu plus de calculs rénaux[4].

Solidité des preuves, effet par effet

  • Éviter le rhume, dans la population générale

    Solidité des preuves : Éviter le rhume, dans la population générale : Élevée

    Revue Cochrane de 29 comparaisons contre placebo, surtout randomisées en double aveugle : risque pratiquement inchangé (rapport de risque 0,97).[1]

  • Raccourcir le rhume, en prise quotidienne

    Solidité des preuves : Raccourcir le rhume, en prise quotidienne : Modérée

    Effet petit mais régulier sur 31 comparaisons : durée réduite de 8 % chez l'adulte et de 14 % chez l'enfant ; sévérité réduite.[1][2]

  • Éviter le rhume lors d'efforts physiques extrêmes

    Solidité des preuves : Éviter le rhume lors d'efforts physiques extrêmes : Modérée

    Cinq essais, 598 marathoniens, skieurs et soldats : risque réduit de moitié environ.[1]

  • Effet d'une prise au début du rhume

    Solidité des preuves : Effet d'une prise au début du rhume : Faible

    Sept comparaisons seulement, sans effet régulier sur la durée ni la sévérité.[1][3]

  • Calculs rénaux avec les fortes doses

    Solidité des preuves : Calculs rénaux avec les fortes doses : Faible

    Cohortes : lien chez les hommes prenant au moins 1 000 mg par jour en complément, pas chez les femmes ; étude d'observation.[4]

Ces niveaux décrivent les études disponibles. Comment nous l'évaluons

Pour comprendre

Les notions utiles pour lire ces résultats.

Une vitamine indispensable

La vitamine C remplit de nombreuses fonctions : elle participe par exemple à la protection de la paroi des vaisseaux sanguins et à l'assimilation du fer. L'organisme ne sait pas la fabriquer, et c'est l'alimentation qui l'apporte. Elle fait partie, avec le magnésium et la vitamine B6, des nutriments les plus consommés en compléments pendant l'hiver[3].

Ce que les essais ont mesuré

La revue Cochrane sur la question réunit des essais contre placebo, avec au moins 200 mg de vitamine C par jour ; la plupart étaient randomisés et en double aveugle. Elle distingue deux usages : en prendre tous les jours, en prévention, ou seulement quand le rhume commence[1].

En prendre tous les jours

Dans les essais menés dans la population générale (10 708 participants), une prise quotidienne n'a presque pas changé le risque d'attraper un rhume (rapport de risque de 0,97). Chez 598 marathoniens, skieurs et soldats en exercice subarctique, ce risque était en revanche réduit de moitié environ (0,48). Sur 9 745 rhumes, la prise quotidienne a raccourci leur durée de 8 % chez l'adulte et de 14 % chez l'enfant (18 % avec 1 à 2 g par jour), et en a réduit la sévérité[1]. Une méta-analyse plus récente des mêmes auteurs, sur 10 essais avec au moins 1 g par jour, trouve des rhumes moins intenses de 15 % ; l'effet porterait surtout sur la durée des symptômes les plus sévères[2].

En prendre au début du rhume

Dans 7 comparaisons portant sur 3 249 rhumes, la vitamine C prise au début des symptômes n'a pas eu d'effet régulier sur leur durée ni sur leur intensité ; les auteurs de la revue demandent de nouveaux essais[1]. Pour l'Inserm, aucune étude n'a démontré clairement d'effet net des fortes doses sur la fréquence, la durée ou la sévérité des rhumes dans la population générale[3]. Cette lecture est plus sévère que celle de la revue Cochrane, qui retient un petit effet sur la durée en prise quotidienne.

Les fortes doses

Selon l'Inserm, un apport excessif de vitamine C peut provoquer des troubles digestifs et des nausées, et il vaut mieux consommer des fruits et légumes riches en vitamine C, comme les agrumes et les poivrons, que recourir aux compléments[3]. Dans de grandes cohortes américaines suivies environ 11 ans, les hommes qui prenaient au moins 1 000 mg de vitamine C par jour en complément avaient un risque de calculs rénaux un peu plus élevé, de 19 % ; ce lien n'apparaissait pas chez les femmes[4]. C'est une étude d'observation, qui ne prouve pas la cause. Ce site ne remplace pas un avis médical.

Questions fréquentes

Des réponses courtes aux questions les plus courantes.

Faut-il prendre de la vitamine C dès les premiers symptômes ?

Les essais ne le soutiennent pas : prise au début du rhume, la vitamine C n'a pas eu d'effet régulier sur sa durée ni sur son intensité[1]. Un médecin ou un pharmacien peut conseiller selon la situation.

La vitamine C protège-t-elle les sportifs ?

Chez des personnes soumises à des efforts physiques extrêmes, comme des marathoniens, des skieurs ou des soldats en exercice dans le froid, la prise quotidienne a réduit de moitié environ le risque de rhume[1]. Dans la population générale, en revanche, ce risque ne baisse presque pas.

Peut-on prendre trop de vitamine C ?

Selon l'Inserm, un apport excessif peut provoquer des troubles digestifs et des nausées[3]. Chez les hommes, les compléments d'au moins 1 000 mg par jour sont associés à un peu plus de calculs rénaux[4].

Les aliments suffisent-ils ?

L'Inserm estime préférable de consommer des fruits et légumes riches en vitamine C, comme les agrumes et les poivrons, pour couvrir ses besoins, plutôt que de recourir aux compléments[3].

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Sources

Les études et les institutions sur lesquelles s'appuie cette fiche.

4 sources consultées

Sur quoi repose cette ficheClassées selon la hiérarchie des preuves
  • Synthèses et recommandations2
  • Essais randomisés et rapports institutionnels1
  • Études d'observation et essais non randomisés1

Numérotées dans l'ordre de lecture. Le signe ↗ indique un lien vers un autre site.

  1. 1

    Hemilä H., Chalker E. Vitamin C for preventing and treating the common cold. Cochrane Database of Systematic Reviews, 2013.

    Revue systématique · accès libre

    DOI 10.1002/14651858.CD000980.pub4 (site externe, nouvel onglet)PubMed 23440782 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Revue Cochrane d'essais contre placebo, avec au moins 0,2 g de vitamine C par jour ; la plupart randomisés et en double aveugle. Prise quotidienne : 29 comparaisons, 11 306 participants ; dans la population générale (10 708 participants), rapport de risque d'attraper un rhume de 0,97 (IC 95 % 0,94 à 1,00) ; chez 598 marathoniens, skieurs et soldats en exercice subarctique (5 essais), 0,48 (0,35 à 0,64). Durée (31 comparaisons, 9 745 rhumes) : −8 % chez l'adulte, −14 % chez l'enfant, −18 % chez l'enfant avec 1 à 2 g par jour ; sévérité réduite. Prise au début des symptômes (7 comparaisons, 3 249 rhumes) : pas d'effet régulier sur la durée ni la sévérité. Les auteurs jugent la supplémentation systématique non justifiée dans la population générale et demandent de nouveaux essais sur la prise au début du rhume. Résumé lu.

  2. 2

    Hemilä H., Chalker E. Vitamin C reduces the severity of common colds : a meta-analysis. BMC Public Health, 2023.

    Méta-analyse · accès libre

    DOI 10.1186/s12889-023-17229-8 (site externe, nouvel onglet)PubMed 38082300 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Méta-analyse de 15 comparaisons issues de 10 essais randomisés en double aveugle, avec au moins 1 g de vitamine C par jour chez des personnes en bonne santé : sévérité des rhumes réduite de 15 % (IC 95 % 9 à 21 %). Dans le sous-groupe qui distingue les symptômes, effet significatif sur la durée des symptômes sévères, pas sur celle des symptômes légers. Résumé et texte intégral lus.

  3. 3

    Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm). La vitamine C, traitement miracle contre le rhume vraiment ? Santé.fr, 2022.

    Rapport institutionnel · accès libre

    Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Article de l'Inserm (Canal Détox), publié sur Santé.fr, le service public d'information en santé, le 19 décembre 2022. La vitamine C intervient notamment dans la protection de la paroi des vaisseaux sanguins et l'assimilation du fer ; l'organisme ne la synthétise pas ; elle fait partie, avec le magnésium et la vitamine B6, des trois nutriments les plus consommés en compléments pendant l'hiver. Selon l'Inserm, aucune étude n'a pu démontrer clairement des effets bénéfiques significatifs de la vitamine C à haute dose sur la fréquence, la durée ou la sévérité des rhumes dans la population générale ; il vaut mieux consommer des fruits et légumes riches en vitamine C, comme les agrumes et les poivrons, que recourir à une supplémentation ; un apport excessif peut provoquer des problèmes digestifs et des nausées. Page lue.

  4. 4

    Ferraro P.M., Curhan G.C., Gambaro G. et al. Total, Dietary, and Supplemental Vitamin C Intake and Risk of Incident Kidney Stones. American Journal of Kidney Diseases, 2016.

    Étude de cohorte · accès libre

    DOI 10.1053/j.ajkd.2015.09.005 (site externe, nouvel onglet)PubMed 26463139 (site externe, nouvel onglet)Consultée le

    Trois cohortes américaines : 156 735 femmes et 40 536 hommes, suivis 11,3 à 11,7 ans en médiane, 6 245 calculs rénaux. Chez les hommes, les compléments d'au moins 1 000 mg de vitamine C par jour sont associés à un risque plus élevé (rapport de risques 1,19 ; IC 95 % 1,01 à 1,40) ; aucun lien chez les femmes ; aucun lien avec la vitamine C des aliments. Apports estimés par questionnaire. Résumé lu.

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