Nutrition · Jeûne
La restriction calorique prolonge-t-elle la vie humaine ?
En conclusion
Rien ne le montre pour l'instant : aucune étude n'a mesuré la durée de vie d'humains en restriction calorique. Chez l'animal de laboratoire, manger moins sans carences allonge souvent la vie, mais pas chez toutes les souches de souris, et les deux grandes études chez le singe divergent. Chez l'humain, un essai de deux ans améliore des facteurs de risque et un marqueur du vieillissement sur trois, avec une baisse de la densité osseuse.
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Ce qu’on entend
Manger nettement moins de calories, sans carences, ralentirait le vieillissement et allongerait la vie : l'effet est observé chez la levure, les vers, les souris et les singes, et un essai chez l'humain montrerait déjà un vieillissement ralenti.
Une idée portée par des décennies d'expériences chez l'animal, reprise par les promoteurs de régimes « anti-âge ».
Ce que dit la science
Ce que montrent les études, point par point.
- Ce qui est juste : chez de nombreuses espèces de laboratoire, manger moins sans carences allonge la vie en moyenne[1] ; chez le singe rhésus, une étude du Wisconsin a trouvé une meilleure survie[2] ; chez l'humain, deux ans de restriction modérée ont amélioré plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire[3].
- Chez la souris, l'effet dépend de la souche : sur 41 souches, une restriction de 40 % a raccourci la vie dans plus de souches qu'elle ne l'a allongée[4].
- Chez le singe, l'étude du National Institute on Aging (NIA) n'a pas trouvé de survie plus longue[5] ; l'analyse commune des deux études attribue l'écart à leurs différences de conception, notamment à l'alimentation des singes témoins[6].
- Chez l'humain, l'essai CALERIE (218 adultes, deux ans) n'a mesuré que des marqueurs : poids, métabolisme, facteurs de risque[7] ; une analyse a posteriori trouve un rythme de vieillissement mesuré sur l'ADN légèrement ralenti, sans effet selon deux autres mesures[8].
- Aucune étude n'a mesuré la durée de vie humaine. Dans CALERIE, la densité osseuse a baissé par rapport au groupe témoin[9].
Solidité des preuves, effet par effet
Durée de vie des animaux de laboratoire (levure, vers, rongeurs)
Solidité des preuves : Durée de vie des animaux de laboratoire (levure, vers, rongeurs) : Très faibleDonnées animales, indirectes pour l'humain : la restriction allonge la vie en moyenne, surtout chez le rat ; moins chez la souris, et elle la raccourcit dans plus d'un quart des 41 souches testées.[1][4][10]
Survie du singe rhésus
Solidité des preuves : Survie du singe rhésus : Très faibleDeux études animales, indirectes pour l'humain : survie meilleure au Wisconsin, pas de différence au NIA ; leur analyse commune attribue l'écart à la conception des études.[2][5][6]
Facteurs de risque cardiovasculaire et métabolique chez l'humain
Solidité des preuves : Facteurs de risque cardiovasculaire et métabolique chez l'humain : ModéréeUn grand essai tiré au sort de deux ans : baisse du LDL-cholestérol, de la tension et de la résistance à l'insuline par rapport aux témoins ; critères exploratoires.[3][7]
Marqueurs du vieillissement mesurés sur l'ADN chez l'humain
Solidité des preuves : Marqueurs du vieillissement mesurés sur l'ADN chez l'humain : FaibleAnalyse a posteriori du même essai : rythme du vieillissement ralenti de 2 à 3 % selon une mesure, aucun effet selon deux autres ; effets jugés faibles par les auteurs.[8]
Baisse de la densité osseuse chez l'humain
Solidité des preuves : Baisse de la densité osseuse chez l'humain : ModéréeUn grand essai tiré au sort : densité osseuse plus basse qu'avec l'alimentation libre à la hanche et à la colonne, malgré du calcium et de la vitamine D.[9]
Durée de vie humaine
Solidité des preuves : Durée de vie humaine : Aucune étude chez l’humainAucune étude ne l'a mesurée : l'essai CALERIE a duré deux ans ; son suivi d'observation, CALERIE Legacy, en cours, porte sur des marqueurs du vieillissement, sans résultat trouvé sur la durée de vie.[7][12]
Ces niveaux décrivent les études disponibles. Comment nous l'évaluons
Pour comprendre
Les notions utiles pour lire ces résultats.
Chez l'animal : un effet fréquent, pas universel
La restriction calorique consiste à manger nettement moins qu'à volonté, en gardant tous les nutriments essentiels. Une méta-analyse de 2012 portant sur de nombreuses espèces conclut qu'elle allonge la vie en moyenne, mais moins chez les mâles et hors des espèces modèles de laboratoire ; selon ses auteurs, une adaptation aux conditions de laboratoire explique mieux ce lien qu'une conservation au fil de l'évolution, et la part de protéines compte davantage que l'ampleur de la restriction calorique[1]. Chez le rat, la durée de vie médiane augmentait de 14 à 45 % dans la moitié des expériences publiées ; chez la souris, de 4 à 27 % seulement, et une étude chez des souris d'origine sauvage ne trouvait aucun gain de durée de vie médiane[10]. Sur 41 souches de souris soumises à 40 % de restriction, la vie s'est allongée dans 5 % des souches chez les mâles et 21 % chez les femelles, mais s'est raccourcie dans plus d'un quart d'entre elles[4]. Chez la souris, la restriction prolongée ralentit aussi la cicatrisation et rend plus sensible à certaines infections[11].
Chez le singe : deux études, deux résultats
À l'université du Wisconsin, 76 singes rhésus adultes ont été tirés au sort à partir de 1989 entre une alimentation normale et une restriction d'environ 30 %. En 2013, 24 témoins sur 38 étaient morts de causes liées à l'âge, contre 10 singes restreints sur 38, et, à tout moment, le risque de décès toutes causes était 1,8 fois plus élevé chez les témoins[2]. Au National Institute on Aging, une étude comparable commencée en 1987 n'a trouvé aucun allongement de la survie, malgré une meilleure santé métabolique des singes restreints[5]. En 2017, l'analyse commune des deux études relève que les témoins du NIA pesaient moins que ceux du Wisconsin et, dans plusieurs groupes, mangeaient moins, et que, chez les singes jeunes au départ, la restriction n'a pas amélioré la survie. Ses auteurs, dont plusieurs ont des liens avec des entreprises, concluent que les mécanismes de la restriction sont probablement transposables à la santé humaine[6].
Chez l'humain : des marqueurs, pas la durée de vie
L'essai CALERIE a tiré au sort 218 adultes sans obésité, de 21 à 51 ans, entre une restriction visant 25 % des calories et une alimentation libre, pendant deux ans. Les participants ont réduit leurs apports d'environ 12 % et perdu environ 10 % de leur poids ; leur hormone thyroïdienne T3 a baissé, sans effet défavorable sur la qualité de vie[7]. Le LDL-cholestérol, la tension artérielle et la résistance à l'insuline ont baissé par rapport au groupe témoin, dans cet essai financé par les instituts de santé américains[3]. Une analyse a posteriori de l'ADN sanguin trouve un rythme de vieillissement ralenti de 2 à 3 % selon une mesure, mais aucun changement selon deux autres ; deux auteurs sont inventeurs de la mesure favorable, et on ignore l'effet sur les maladies et les décès[8]. Un suivi d'observation des participants, CALERIE Legacy, en cours, mesure des marqueurs du vieillissement[12].
Aucun décès n'a été observé, mais trois participants ont dû arrêter la restriction pour raison de sécurité, et la densité osseuse de la hanche et de la colonne a baissé par rapport aux témoins, malgré du calcium et de la vitamine D. Les participants avaient été sélectionnés en bonne santé, sans trouble alimentaire ni dépression ; les auteurs demandent de surveiller la perte osseuse et l'anémie[9]. Une revue de 2025, surtout fondée sur les rongeurs, recense d'autres effets négatifs possibles, sur la faim, la sensibilité au froid ou la reproduction, mal documentés chez l'humain[13].
Restriction n'est pas dénutrition
Dans ces études, la restriction est conçue pour éviter les carences ; chez l'animal, la durée de vie augmente quand la nourriture baisse, puis peut chuter vite si elle baisse encore[11]. L'Organisation mondiale de la santé range la dénutrition et les carences en vitamines ou en minéraux parmi les formes de malnutrition[14].
Ce site ne remplace pas un avis médical : avant de réduire fortement son alimentation, surtout en cas de maladie, de grossesse, de trouble alimentaire ou à un âge avancé, un médecin ou un diététicien peut aider à en évaluer les risques.
Questions fréquentes
Des réponses courtes aux questions les plus courantes.
Pourquoi les deux études chez le singe ne disent-elles pas la même chose ?
Selon leur analyse commune, les singes témoins du NIA pesaient moins que ceux du Wisconsin et, dans plusieurs groupes, mangeaient moins, les alimentations différaient, et les singes du NIA avaient commencé la restriction à des âges très variés ; la longévité n'était l'objectif principal d'aucune des deux études. Les auteurs retiennent qu'un apport alimentaire plus faible à l'âge adulte ou avancé s'accompagne d'une meilleure survie chez le singe[6].
Qu'est-ce qu'un marqueur du vieillissement mesuré sur l'ADN ?
C'est un calcul fondé sur des marques chimiques de l'ADN du sang, associé au risque de maladie et de décès dans des études d'observation. Dans l'essai CALERIE, l'une de ces mesures indique un vieillissement légèrement ralenti, pas les deux autres ; ses auteurs rappellent qu'il faudra suivre les participants pour savoir si cela se traduit par moins de maladies[8].
La restriction calorique a-t-elle des effets indésirables ?
Dans l'essai CALERIE, la densité osseuse a baissé par rapport aux témoins et trois participants ont été retirés de la restriction pour raison de sécurité[9]. Une revue de 2025, surtout fondée sur les rongeurs, recense aussi des effets négatifs sur la cicatrisation, la sensibilité au froid et les infections[13].
À lire aussi
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Sources
Les études et les institutions sur lesquelles s'appuie cette fiche.
Numérotées dans l'ordre de lecture. Le signe ↗ indique un lien vers un autre site.
- 1
Nakagawa S., Lagisz M., Hector K.L. et al. Comparative and meta-analytic insights into life extension via dietary restriction. Aging Cell, 2012.
Méta-analyse · chez l'animal
DOI 10.1111/j.1474-9726.2012.00798.x (site externe, nouvel onglet)PubMed 22268691 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Première méta-analyse comparative de la restriction alimentaire entre études et espèces. Dans l'ensemble, elle allonge significativement la durée de vie, mais l'effet est modulé par plusieurs facteurs : il est moindre chez les mâles et chez les espèces qui ne sont pas des modèles de laboratoire ; la part de protéines compte davantage que le degré de restriction calorique. Chez la levure, les vers nématodes, les mouches et les rongeurs, l'allongement passe par une baisse de la mortalité. Selon les auteurs, une adaptation aux conditions de laboratoire explique mieux ce lien qu'une conservation au fil de l'évolution, sans exclure d'autres explications. Résumé lu.
- 2
Colman R.J., Beasley T.M., Kemnitz J.W. et al. Caloric restriction reduces age-related and all-cause mortality in rhesus monkeys. Nature Communications, 2014.
Étude chez l'animal · n = 76 · accès libre
DOI 10.1038/ncomms4557 (site externe, nouvel onglet)PubMed 24691430 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Étude de l'université du Wisconsin, commencée en 1989 : 76 singes rhésus adultes (7 à 14 ans) tirés au sort entre une alimentation normale et une restriction d'environ 30 %, avec une alimentation enrichie en nutriments. Données jusqu'au 10 octobre 2013. Décès liés à l'âge : 24 sur 38 témoins contre 10 sur 38 sous restriction. Mortalité toutes causes : à tout moment, les témoins mouraient 1,8 fois plus que les singes restreints (rapport de risque 1,78 ; IC à 95 % 1,04 à 3,04). Les auteurs attribuent l'absence d'effet dans l'étude du NIA au fait que ses singes témoins étaient eux-mêmes, en pratique, en restriction. Résumé et texte intégral lus.
- 3
Kraus W.E., Bhapkar M., Huffman K.M. et al. 2 years of calorie restriction and cardiometabolic risk (CALERIE) : exploratory outcomes of a multicentre, phase 2, randomised controlled trial. The Lancet Diabetes & Endocrinology, 2019.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 218
DOI 10.1016/S2213-8587(19)30151-2 (site externe, nouvel onglet)PubMed 31303390 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Critères exploratoires de l'essai CALERIE : 218 adultes de 21 à 50 ans sans obésité, restriction prescrite de 25 % (143) ou alimentation libre (75), deux ans. Baisse moyenne des apports de 11,9 % (de 2 467 à 2 170 kcal par jour) ; perte de poids de 7,5 kg, dont 71 % de graisse. Baisse persistante de tous les facteurs de risque cardiométabolique classiques mesurés, dont le LDL-cholestérol, le rapport cholestérol total sur HDL et la tension artérielle ; amélioration de la protéine C réactive, de la sensibilité à l'insuline et du score de syndrome métabolique par rapport aux témoins. Les auteurs y voient un avantage potentiel important pour la santé cardiovasculaire. Résumé lu.
- 4
Liao C.-Y., Rikke B.A., Johnson T.E. et al. Genetic variation in the murine lifespan response to dietary restriction : from life extension to life shortening. Aging Cell, 2010.
Étude chez l'animal
DOI 10.1111/j.1474-9726.2009.00533.x (site externe, nouvel onglet)PubMed 19878144 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Restriction de 40 % de la nourriture chez des souris de 41 souches recombinantes consanguines, mâles et femelles, environ 10 souris par souche et par régime. Allongement significatif de la vie dans 5 % des souches chez les mâles et 21 % chez les femelles ; raccourcissement dans 27 % et 26 % des souches. L'alimentation dépassait largement les besoins en vitamines et minéraux, sauf pour le sélénium et la choline. Les auteurs n'excluent pas qu'une restriction moins forte (30 % ou 20 %) donne d'autres résultats, et appellent à la prudence avant d'appliquer la restriction à l'humain. Résumé et texte intégral (manuscrit d'auteur) lus.
- 5
Mattison J.A., Roth G.S., Beasley T.M. et al. Impact of caloric restriction on health and survival in rhesus monkeys from the NIA study. Nature, 2012.
Étude chez l'animal
DOI 10.1038/nature11432 (site externe, nouvel onglet)PubMed 22932268 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Étude du National Institute on Aging (NIA), commencée en 1987 : restriction de 30 % chez des singes rhésus jeunes ou âgés au départ. Ni chez les singes âgés (16 à 23 ans), ni chez les jeunes, la restriction n'a allongé la survie, malgré un meilleur profil métabolique (triglycérides, cholestérol chez les mâles) ; aucun cancer chez les singes restreints jeunes. Les singes témoins n'étaient pas nourris à volonté au sens strict. Les auteurs jugent que la conception de l'étude, les conditions d'élevage et la composition de l'alimentation peuvent fortement modifier l'effet de la restriction sur la durée de vie. Résumé et texte intégral (manuscrit d'auteur) lus.
- 6
Mattison J.A., Colman R.J., Beasley T.M. et al. Caloric restriction improves health and survival of rhesus monkeys. Nature Communications, 2017.
Étude chez l'animal · n = 197 · accès libre
DOI 10.1038/ncomms14063 (site externe, nouvel onglet)PubMed 28094793 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Analyse commune des deux études (76 singes au Wisconsin, 121 au NIA ; données jusqu'en juillet 2015). Au Wisconsin, restriction commencée à l'âge adulte : survie meilleure (rapport de risque 1,865 pour les témoins ; p = 0,017) et maladies liées à l'âge environ 2,7 fois plus fréquentes chez les témoins. Au NIA, pas de différence de survie ; les témoins étaient en général plus légers que ceux du Wisconsin et, dans plusieurs groupes (âgés au départ, femelles), mangeaient moins ; et les singes restreints âgés au départ ont vécu longtemps, comme leurs témoins. Chez les jeunes du NIA, la restriction n'a pas amélioré la survie, et les singes restreints ont atteint 80 % de mortalité avant les témoins ; courbes encore incomplètes. La longévité n'était l'objectif principal d'aucune des deux études. Selon les auteurs, un apport alimentaire plus faible à l'âge adulte ou avancé s'accompagne d'une meilleure survie chez le singe ; ils concluent que les bienfaits de la restriction sur la santé se retrouvent chez le singe et que ses mécanismes sont probablement transposables à la santé humaine. Résumé et texte intégral lus.
- 7
Ravussin E., Redman L.M., Rochon J. et al. A 2-Year Randomized Controlled Trial of Human Caloric Restriction : Feasibility and Effects on Predictors of Health Span and Longevity. The Journals of Gerontology: Series A, 2015.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 218
DOI 10.1093/gerona/glv057 (site externe, nouvel onglet)PubMed 26187233 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Essai CALERIE (phase 2) : 218 adultes de 21 à 51 ans, sans obésité (IMC moyen 25,1), tirés au sort entre une restriction visant 25 % des calories pendant deux ans et une alimentation libre. Restriction réellement obtenue : 11,7 % en moyenne ; perte de poids de 10,4 % maintenue. 82 % du groupe restreint et 95 % du groupe témoin ont terminé l'essai. Métabolisme de repos, corrigé du poids, plus bas qu'avec l'alimentation libre à 12 mois mais pas à 24 mois ; température corporelle peu différente ; hormone thyroïdienne T3 plus basse ; baisse plus forte des facteurs de risque cardiométabolique, sans effet défavorable sur la qualité de vie. Les auteurs parlent de bénéfices potentiels pour le vieillissement, à préciser par d'autres études. Erratum publié en 2016. Résumé lu.
- 8
Waziry R., Ryan C.P., Corcoran D.L. et al. Effect of long-term caloric restriction on DNA methylation measures of biological aging in healthy adults from the CALERIE trial. Nature Aging, 2023.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 197 · accès libre
DOI 10.1038/s43587-022-00357-y (site externe, nouvel onglet)PubMed 37118425 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Analyse a posteriori d'échantillons sanguins de l'essai CALERIE (220 adultes tirés au sort ; 128 du groupe restreint et 69 témoins analysés). La restriction a ralenti le rythme du vieillissement mesuré par DunedinPACE, une mesure fondée sur la méthylation de l'ADN, de 2 à 3 % ; elle n'a pas modifié deux « horloges » de l'âge biologique (PhenoAge et GrimAge). Effets jugés faibles par les auteurs ; certains participants ont vu leur DunedinPACE augmenter. Le suivi ne s'est pas prolongé au-delà de l'essai : on ne sait pas si ces changements se traduiront par moins de maladies et de décès. Rectificatif de 2023 portant seulement sur l'affiliation d'un auteur. Résumé et texte intégral lus.
- 9
Romashkan S.V., Das S.K., Villareal D.T. et al. Safety of two-year caloric restriction in non-obese healthy individuals. Oncotarget, 2016.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 218 · accès libre
DOI 10.18632/oncotarget.8093 (site externe, nouvel onglet)PubMed 26992237 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Sécurité de l'essai CALERIE (218 participants, restriction visant 25 % contre alimentation libre, deux ans). Aucun décès ; trois participants retirés de la restriction pour raison de sécurité. Pas de différence significative d'effets indésirables entre les groupes ; dans le groupe restreint, plus de troubles du système nerveux, de l'appareil locomoteur et de l'appareil reproducteur chez les participants de poids normal que chez ceux en surpoids. À 12 et 24 mois, densité osseuse plus basse qu'avec l'alimentation libre à la colonne lombaire et à la hanche ; tous les participants recevaient du calcium et de la vitamine D. Surveillance de l'anémie déclenchée chez 24,5 % des participants restreints et 23 % des témoins ; deux retirés pour une baisse persistante de l'hématocrite. Candidats sélectionnés sans maladie, sans trouble alimentaire ni dépression ; restriction arrêtée si l'IMC passait sous 18,5. Les auteurs jugent la restriction sûre et bien tolérée, mais demandent de surveiller la perte osseuse et l'anémie, et soulignent un effectif trop petit pour conclure définitivement. Résumé et texte intégral lus.
- 10
Swindell W.R. Dietary restriction in rats and mice : a meta-analysis and review of the evidence for genotype-dependent effects on lifespan. Ageing Research Reviews, 2012.
Méta-analyse · chez l'animal
DOI 10.1016/j.arr.2011.12.006 (site externe, nouvel onglet)PubMed 22210149 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Méta-analyse des expériences de restriction alimentaire chez le rat et la souris publiées depuis 1934. Chez le rat, la durée de vie médiane augmentait de 14 à 45 % dans la moitié des expériences ; chez la souris, l'effet est plus faible (de 4 à 27 % dans la moitié des expériences). Certaines souches de souris consanguines ne vivent pas plus longtemps avec la restriction, et un raccourcissement de la vie a été observé et confirmé pour l'une d'elles. Dans une étude chez des souris issues de souris sauvages, la durée de vie médiane n'était pas améliorée ; l'auteur juge que les résultats chez les rongeurs peuvent être biaisés par l'élevage en laboratoire. Résumé et texte intégral (manuscrit d'auteur) lus.
- 11
Fontana L., Partridge L., Longo V.D. Extending healthy life span--from yeast to humans. Science, 2010.
Revue narrative · chez l'animal
DOI 10.1126/science.1172539 (site externe, nouvel onglet)PubMed 20395504 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue narrative. La restriction alimentaire, définie comme une baisse des apports sans malnutrition, allonge la vie moyenne ou maximale de plusieurs organismes, dont la levure, les mouches, les vers et les rongeurs ; chez l'humain, elle fait baisser des marqueurs métaboliques de plusieurs maladies. La durée de vie augmente quand la nourriture baisse, puis peut chuter rapidement si la nourriture est encore réduite. Chez la souris, la restriction prolongée ralentit la cicatrisation et rend plus sensible à certaines infections. Selon les auteurs, une restriction extrême peut avoir plusieurs effets néfastes. Résumé et texte intégral (manuscrit d'auteur) lus.
- 12
Gaesser G.A., Hall S.E., Angadi S.S. et al. Increasing the health span : unique role for exercise. Journal of Applied Physiology, 2025.
Revue narrative · chez l'humain
DOI 10.1152/japplphysiol.00049.2025 (site externe, nouvel onglet)PubMed 40244910 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue narrative issue d'un symposium de l'American Physiological Society, dont l'un des auteurs a participé à l'essai CALERIE. Selon la revue, l'étude CALERIE Legacy, en cours, est un suivi d'observation des participants de l'essai CALERIE 2 (« The CALERIE Legacy study is an observational follow-up study of CALERIE 2 trial participants ») : elle mesure des marqueurs cellulaires, physiques et fonctionnels du vieillissement, avec un groupe de comparaison d'adultes de la Baltimore Longitudinal Study of Aging ; des essais de cinq ans sont prévus. D'après la revue, dans un sous-groupe suivi après l'essai, la restriction est tombée à 5 % et 54 % du poids perdu a été repris. Les auteurs jugent la restriction modérée sûre et prometteuse pour ralentir le vieillissement biologique. Aucun résultat de CALERIE Legacy sur la mortalité ou la durée de vie n'a été trouvé dans PubMed (recherche du 24 octobre 2026). Résumé et texte intégral lus.
- 13
Wang A., Speakman J.R. Potential downsides of calorie restriction. Nature Reviews Endocrinology, 2025.
Revue narrative · chez l'animal
DOI 10.1038/s41574-025-01111-1 (site externe, nouvel onglet)PubMed 40247012 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue des effets négatifs de la restriction calorique, surtout d'après des études chez les rongeurs, avec quelques données chez d'autres espèces et chez l'humain : cicatrisation, faim, sensibilité au froid, santé osseuse, taille du cerveau, cognition, reproduction et infections. Selon les auteurs, les bénéfices de la restriction sur la durée de vie humaine restent incertains, ses effets négatifs sont mal documentés chez l'humain, et on ne sait pas s'il est possible de les éviter. Résumé lu.
- 14
Organisation mondiale de la santé (OMS). Malnutrition. OMS, aide-mémoire (page datée du 1er mars 2024), 2024.
Rapport institutionnel · accès libre
Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Aide-mémoire daté du 1er mars 2024. La malnutrition désigne les carences, les excès ou les déséquilibres dans l'apport énergétique ou nutritionnel d'une personne. Elle comprend la dénutrition (émaciation, retard de croissance, insuffisance pondérale), les carences en vitamines ou en minéraux, le surpoids, l'obésité et les maladies non transmissibles liées à l'alimentation. Page lue.
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