Sommeil · Médecines alternatives
Tapis de mise à la terre (grounding) : dormir relié à la terre améliore-t-il le sommeil ?
En conclusion
Les preuves restent très incertaines. Un essai de 2025, chez 60 personnes, rapporte un temps de sommeil mesuré plus long avec un vrai tapis qu'avec un faux, mais aucune différence sur la qualité du sommeil déclarée après un mois ; ses groupes étaient déséquilibrés au départ et il était financé par deux entreprises. Les autres études sont minuscules : 12 personnes sans groupe témoin en 2004 ; 15 malades d'Alzheimer analysés, sans écart significatif dans le modèle complet.
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Ce qu’on entend
Dormir sur un tapis ou une alèse relié à la terre rééquilibrerait l'électricité du corps, ferait mieux dormir et réduirait la douleur, le stress et l'inflammation.
Une pratique appelée aussi « earthing », proposée sous forme de tapis ou d'alèses reliés à la terre, à utiliser assis ou en dormant.
Ce que dit la science
Ce que montrent les études, point par point.
- Ce qui est juste : dans un essai de 60 personnes, au bout d'un mois, le temps de sommeil mesuré était plus long avec un vrai tapis qu'avec un faux[1] ; dans un petit essai, des malades d'Alzheimer ont obtenu un meilleur score de sommeil déclaré avec un vrai tapis qu'avec un faux[2], et des participants déclarent moins de stress[3], de fatigue ou de douleur[4].
- Dans cet essai de 2025, financé par deux entreprises dont celle qui fournissait le tapis, la qualité du sommeil déclarée ne différait pas entre les groupes après un mois ; les scores d'insomnie de départ étaient très différents, et les effectifs analysés varient d'un passage à l'autre de l'article[1].
- Une étude de 2004 sur le sommeil n'avait que 12 participants, sans groupe témoin, et reposait sur leurs déclarations[3].
- Dans l'essai sur la maladie d'Alzheimer, 15 personnes ont été analysées, le tapis était utilisé assis, et l'écart n'était plus significatif dans le modèle statistique le plus complet des auteurs[2].
- Nous n'avons trouvé ni revue systématique ni avis d'une autorité de santé ; une revue de 2025 juge les premiers résultats prometteurs, mais demande des essais solides[5].
Solidité des preuves, effet par effet
Sommeil en dormant relié à la terre
Solidité des preuves : Sommeil en dormant relié à la terre : FaibleUn essai pilote de 60 personnes contre un faux tapis : sommeil mesuré plus long, questionnaires sans différence, groupes déséquilibrés, financement industriel ; une étude de 12 personnes sans témoin ; un essai de 16 sans résultat sur le sommeil.[1][3][4]
Sommeil chez des malades d'Alzheimer (tapis utilisé assis)
Solidité des preuves : Sommeil chez des malades d'Alzheimer (tapis utilisé assis) : FaibleUn petit essai contre un faux tapis : 15 analysés, scores de départ bas ; écart non significatif dans le modèle complet des auteurs.[2]
Douleur, fatigue et humeur
Solidité des preuves : Douleur, fatigue et humeur : FaibleUn essai par étapes de 16 massothérapeutes : améliorations déclarées pendant la mise à la terre.[4]
Sommeil chez le rat
Solidité des preuves : Sommeil chez le rat : Très faibleUne étude animale, sans faux tapis : plus de sommeil après 21 jours sur un tapis.[7]
Ces niveaux décrivent les études disponibles. Comment nous l'évaluons
Pour comprendre
Les notions utiles pour lire ces résultats.
Une idée, peu d'essais
Le grounding, ou « earthing », consiste à rester en contact avec le sol, pieds nus dehors, ou à utiliser chez soi un tapis ou une alèse reliés à la terre. Ses défenseurs affirment que ce contact avec la charge électrique de la Terre stabilise le corps, réduit l'inflammation, la douleur et le stress, et améliore le sommeil. Une revue favorable publiée en 2020 par six auteurs rattachés à des cliniques et à des centres de soins recense une vingtaine d'études et de nombreux témoignages, et recommande la pratique ; son résumé ne décrit aucune méthode de revue systématique[6]. Une revue universitaire de 2025 sur la maladie d'Alzheimer juge les premiers résultats prometteurs, mais estime que des essais cliniques solides restent nécessaires[5]. Nous n'avons trouvé ni revue systématique, ni avis d'une autorité de santé sur le sujet.
Ce que montrent les études sur le sommeil
En 2004, douze personnes qui se plaignaient de mal dormir, de douleurs et de stress ont dormi huit semaines sur une alèse reliée à la terre. À la sixième semaine, leur taux de cortisol, une hormone, était plus bas la nuit, et presque toutes ont déclaré mieux dormir et moins souffrir. Mais il n'y avait aucun groupe témoin : rien ne permet de séparer l'effet de l'alèse de celui des attentes ou du temps qui passe[3].
En 2022, un essai pilote a comparé, en double aveugle, un vrai tapis à un faux, identique mais sans fil de terre, chez des personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer légère, qui n'avaient pas été choisies pour des troubles du sommeil. Elles s'asseyaient pieds nus sur le tapis 30 minutes, cinq fois par semaine, pendant 12 semaines. À la fin, le score de sommeil déclaré était meilleur avec le vrai tapis, en partie parce qu'il s'était dégradé dans le groupe du faux tapis ; dans le modèle statistique le plus complet des auteurs, l'écart n'était plus significatif. L'anxiété et la dépression n'ont pas différé. Sur 22 personnes incluses, 15 seulement ont été analysées ; l'essai n'avait pas de financement extérieur, et ses auteurs citent sa petite taille comme limite[2].
En 2025, une équipe coréenne d'universités et d'entreprises a tiré au sort 60 adultes en bonne santé pour utiliser six heures par jour, pendant un mois, un tapis relié à la terre ou un tapis non relié emballé de la même façon, en double aveugle. Au bout d'un mois, le temps de sommeil, mesuré par un actimètre, un capteur de mouvements porté à la hanche, était plus long avec le vrai tapis ; il l'était déjà un peu au départ, et l'article ne compare pas clairement l'évolution des groupes. Mais après un mois, les questionnaires sur la qualité du sommeil, l'insomnie, la somnolence et le stress ne différaient pas entre les groupes : les scores s'étaient améliorés dans les deux. Une semaine après l'arrêt, le résumé présente une différence d'insomnie comme une amélioration, alors que la figure des résultats montre un score plus élevé, donc moins bon, avec le vrai tapis : ce résultat ne peut pas être présenté comme un bénéfice. Les scores d'insomnie de départ étaient très différents (7,6 contre 12), les effectifs analysés diffèrent entre le texte, le diagramme et un tableau, et l'essai était financé par deux entreprises, dont celle qui fournissait le tapis, avec deux auteurs rattachés à des entreprises[1].
Douleur, fatigue, humeur : de très petits effectifs
Chez 16 massothérapeutes reliés à la terre pendant quatre semaines, au travail et en dormant, l'énergie et la fonction physique déclarées ont augmenté, et la fatigue, l'humeur dépressive et la douleur ont baissé. Le résumé ne donne aucun résultat sur le sommeil, pourtant mesuré, et l'essai a été mené dans un centre de bien-être auquel trois auteurs sont rattachés[4]. Chez le rat, ceux restés 21 jours sur un tapis dormaient davantage que des rats sans tapis, sans comparaison avec un faux tapis, dans une étude dont le tapis était fourni par l'entreprise qui employait l'un des auteurs[7] ; un résultat chez l'animal ne dit pas ce qui se passe chez l'humain.
Ce site ne remplace pas un avis médical : des troubles du sommeil qui durent se discutent avec un médecin.
Questions fréquentes
Des réponses courtes aux questions les plus courantes.
Marcher pieds nus dans l'herbe fait-il mieux dormir ?
Aucune étude lue ne l'a testé sur le sommeil ; les essais sur le sommeil portent sur des tapis ou des alèses reliés à la terre, avec de très petits effectifs[2].
Pourquoi certaines personnes disent-elles mieux dormir ?
Dans l'étude de 2004, sans groupe témoin, il est impossible de distinguer l'effet de l'alèse de celui des attentes ou de l'amélioration naturelle avec le temps[3].
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Sources
Les études et les institutions sur lesquelles s'appuie cette fiche.
Numérotées dans l'ordre de lecture. Le signe ↗ indique un lien vers un autre site.
- 1
Park H.-J., Lee G.R., Kim Y. et al. A randomized, double-blind, placebo-controlled study on the improvement of sleep quality with Earthing mat. Advances in Integrative Medicine, 2025.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 60 · accès libre
DOI 10.1016/j.aimed.2025.01.005 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Article non indexé dans PubMed : DOI, auteurs et volume vérifiés dans Crossref, résumé lu dans OpenAlex. Essai pilote d'une équipe d'universités coréennes : 60 participants tirés au sort par ordinateur, tapis relié à la terre ou tapis non relié, six heures par jour pendant 31 jours ; double aveugle et placebo selon le titre. Mesures aux jours 0, 31 et 38 : questionnaires (PSQI, ISI, Epworth, BEPSI) et temps de sommeil total par actimétrie. Selon le résumé, scores améliorés par rapport au départ dans le groupe du vrai tapis ; temps de sommeil total augmenté davantage que dans le groupe témoin (P < 0,05) ; au jour 38, score d'insomnie meilleur que dans le groupe témoin. Le résumé ne compare pas les groupes sur les autres questionnaires. Effectifs analysés, équilibre des groupes au départ et financement non vérifiés (texte intégral non lu).
- 2
Lin C.-H., Tseng S.-T., Chuang Y.-C. et al. Grounding the Body Improves Sleep Quality in Patients with Mild Alzheimer's Disease : A Pilot Study. Healthcare, 2022.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 22 · accès libre
DOI 10.3390/healthcare10030581 (site externe, nouvel onglet)PubMed 35327058 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Essai pilote tiré au sort en double aveugle chez des personnes atteintes d'une maladie d'Alzheimer légère : tapis relié à la terre ou même tapis sans fil de terre, 30 minutes assis pieds nus, cinq fois par semaine pendant 12 semaines (pas pendant le sommeil). Pas de trouble du sommeil exigé à l'inclusion ; 22 inclus, 15 analysés (ceux qui ont terminé). Score de sommeil déclaré (PSQI, plus haut = plus perturbé) : de 1,9 à 0,3 avec le vrai tapis, de 2,0 à 3,0 avec le faux ; écart des scores finaux p = 0,006 ; dans le modèle statistique le plus complet des auteurs, effet du groupe non significatif (p = 0,053). Pas de différence pour l'anxiété ni la dépression, ni pour les signaux électriques mesurés sur la peau. Les auteurs citent la petite taille de l'essai comme limite. Erratum publié en 2022. Résumé et texte intégral lus.
- 3
Ghaly M., Teplitz D. The biologic effects of grounding the human body during sleep as measured by cortisol levels and subjective reporting of sleep, pain, and stress. Journal of Alternative and Complementary Medicine, 2004.
Série de cas · chez l'humain · n = 12
DOI 10.1089/acm.2004.10.767 (site externe, nouvel onglet)PubMed 15650465 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Étude pilote sans groupe témoin : 12 personnes se plaignant de troubles du sommeil, de douleurs et de stress ont dormi huit semaines reliées à la terre par une alèse conductrice. Cortisol de nuit plus bas à la sixième semaine qu'au départ ; troubles du sommeil, douleurs et stress déclarés réduits ou disparus chez presque tous. Résumé lu.
- 4
Chevalier G., Patel S., Weiss L. et al. The Effects of Grounding (Earthing) on Bodyworkers' Pain and Overall Quality of Life : A Randomized Controlled Trial. Explore, 2019.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 16
DOI 10.1016/j.explore.2018.10.001 (site externe, nouvel onglet)PubMed 30448083 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
16 massothérapeutes, essai par étapes de six semaines présenté en double aveugle : une semaine sans mise à la terre, quatre semaines reliés à la terre au travail et pendant le sommeil, puis une semaine sans. Pendant la mise à la terre, hausse de la fonction physique et de l'énergie, baisse de la fatigue, de l'humeur dépressive et de la douleur, déclarées par questionnaire ; pas de différence rapportée dans le résumé pour les troubles du sommeil. Résumé lu.
- 5
Kshirsagar S., Deshmukh H., Reddy A.P. et al. Grounding as a complementary intervention for Alzheimer's disease : Mechanisms, evidence, and potential therapeutic applications. Journal of Alzheimer's Disease, 2025.
Revue narrative · chez l'humain
DOI 10.1177/13872877251334666 (site externe, nouvel onglet)PubMed 40262107 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue universitaire (Texas Tech) sur le grounding et la maladie d'Alzheimer : mécanismes supposés (inflammation, stress oxydatif, cortisol), études précliniques et cliniques. Selon les auteurs, les premiers résultats sont prometteurs, mais des essais cliniques solides restent nécessaires pour valider l'efficacité. Résumé lu.
- 6
Menigoz W., Latz T.T., Ely R.A. et al. Integrative and lifestyle medicine strategies should include Earthing (grounding) : Review of research evidence and clinical observations. Explore, 2020.
Revue narrative · chez l'humain
DOI 10.1016/j.explore.2019.10.005 (site externe, nouvel onglet)PubMed 31831261 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue narrative favorable : une vingtaine d'études auraient rapporté des améliorations physiologiques chez les personnes reliées à la terre, sur l'inflammation, la douleur, le stress, la circulation, l'énergie et le sommeil, avec de « nombreux témoignages » ; les auteurs recommandent l'inclusion du grounding dans la pratique clinique. Le résumé ne décrit aucune méthode de revue systématique. Résumé lu.
- 7
Ye M., Jeong W., Yu H.-J. et al. Effect of Earthing Mats on Sleep Quality in Rats. International Journal of Molecular Sciences, 2024.
Étude chez l'animal · accès libre
DOI 10.3390/ijms25189791 (site externe, nouvel onglet)PubMed 39337279 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Étude chez le rat : les rats restés 21 jours sur un tapis de mise à la terre (5 rats) dormaient davantage, à l'électroencéphalogramme, que des rats sans tapis ou sous couverture électrique ; pas de faux tapis. Résumé et texte intégral lus.
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