Environnement et santé
Les métaux lourds expliquent-ils certaines maladies neurologiques ?
En conclusion
Pour certaines intoxications, oui ; pour les maladies courantes, les études ne le montrent pas. Le plomb chez l'enfant, le méthylmercure, le manganèse au travail abîment le système nerveux. Pour Alzheimer, la sclérose en plaques ou l'autisme, aucun lien de cause n'est établi ; c'est surtout le plomb qui est associé à Parkinson. Les amalgames n'ont pas nui aux enfants dans deux essais. Les bilans capillaires commerciaux sont peu fiables ; la chélation hors indication a causé des décès.
Information, pas un avis médical : la rédaction ne compte aucun professionnel de santé. En savoir plus
Ce qu’on entend
Les métaux lourds accumulés dans le corps, venus des amalgames dentaires, des vaccins ou de l'alimentation, seraient une cause cachée d'Alzheimer, de Parkinson, de la sclérose en plaques ou de l'autisme ; une analyse des cheveux ou de l'urine les révélerait, et une chélation les éliminerait.
Une idée qui part d'un fait établi, la toxicité du plomb et du mercure pour le cerveau, et l'étend aux maladies neurologiques courantes.
Ce que dit la science
Ce que montrent les études, point par point.
- Ce qui est juste : certains métaux sont toxiques pour le système nerveux. Selon l'OMS, le plomb peut nuire durablement au développement du cerveau de l'enfant, et aucune concentration dans le sang n'est connue comme sans danger[1] ; à Minamata, au Japon, du poisson contaminé au méthylmercure a provoqué en 1953 une épidémie d'intoxication, et des riverains exposés longtemps à de faibles doses se plaignaient encore de troubles 30 ans après[2] ; respirer du manganèse au travail peut causer des troubles proches de la maladie de Parkinson[3].
- Pour Alzheimer, Parkinson et la sclérose en plaques, les études comparent surtout des malades déjà diagnostiqués à des témoins : pas d'association pour la plupart des métaux[4], quelques écarts hétérogènes[5]. Le plomb fait exception : accumulé dans les os[4] ou en cas d'exposition professionnelle, il est associé à plus de maladie de Parkinson, ou de Charcot, dans quelques études[6].
- Les enfants autistes ont en moyenne plus de plomb, d'arsenic et de mercure dans les cheveux et le sang que des témoins, mais ces études ne permettent pas de conclure à une cause[7] ; le mercure des vaccins (thiomersal) n'est pas associé à l'autisme[8].
- Dans deux essais tirés au sort chez 1 041 enfants, les amalgames dentaires n'ont pas modifié la mémoire, l'attention[9] ou le QI[10] par rapport à des plombages sans mercure.
- Dans une évaluation américaine de 2001, six laboratoires commerciaux de bilans minéraux des cheveux ont donné des résultats contradictoires pour un même échantillon[11], et les tests urinaires « provoqués » ne sont pas validés[12]. La chélation n'a pas montré d'effet sur l'autisme[13] et a causé des décès[14].
Solidité des preuves, effet par effet
Plomb, même à faible dose chez l'enfant, et mercure : atteintes nerveuses
Solidité des preuves : Plomb, même à faible dose chez l'enfant, et mercure : atteintes nerveuses : ÉlevéeConsensus de l'OMS et du comité scientifique européen, sept cohortes d'enfants (QI plus bas quand la plombémie monte) et l'intoxication de Minamata : toxicité nerveuse établie. La solidité globale « Faible » porte sur les maladies courantes.[1][2][15][16][19]
Manganèse, soudure et maladie de Parkinson
Solidité des preuves : Manganèse, soudure et maladie de Parkinson : FaibleManganisme professionnel décrit, distinct de Parkinson ; pas plus de Parkinson chez les soudeurs (13 études) ; risque à peine accru, limite, avec le manganèse dans 4 études.[3][4][6][17]
Exposition aux métaux et Alzheimer, Parkinson ou sclérose en plaques
Solidité des preuves : Exposition aux métaux et Alzheimer, Parkinson ou sclérose en plaques : FaibleSurtout des cas-témoins mesurés après le diagnostic : pas d'association pour la plupart des métaux ; signaux pour le plomb (Parkinson) et le cadmium, hétérogènes.[4][5][6][18]
Métaux lourds, mercure des vaccins et autisme
Solidité des preuves : Métaux lourds, mercure des vaccins et autisme : FaibleTaux plus élevés chez les enfants autistes dans des cas-témoins hétérogènes, sans lien de cause établi ; pas de lien avec le thiomersal dans de grandes cohortes.[7][8]
Amalgames dentaires et fonctions nerveuses
Solidité des preuves : Amalgames dentaires et fonctions nerveuses : ModéréeDeux essais tirés au sort chez 1 041 enfants : pas de différence de QI, de mémoire ni d'attention ; avis européen : pas de preuve claire pour Alzheimer ou Parkinson, sclérose en plaques non tranchée.[9][10][19]
Chélation pour traiter l'autisme
Solidité des preuves : Chélation pour traiter l'autisme : FaibleUn seul essai contre placebo, aux limites méthodologiques : aucun effet sur les symptômes ; décès rapportés avec certains chélateurs.[13][14]
Ces niveaux décrivent les études disponibles. Comment nous l'évaluons
Pour comprendre
Les notions utiles pour lire ces résultats.
Une toxicité bien établie à forte exposition
Selon l'OMS, une très forte exposition au plomb peut provoquer coma, convulsions et décès chez l'enfant ; à plus faible dose, il fait baisser le QI et l'attention, et aucune concentration dans le sang n'est connue comme sans danger[1]. Dans sept cohortes réunissant 1 333 enfants suivis jusqu'à 5 à 10 ans, le QI baissait de 6,7 points en moyenne quand la plombémie passait de 2,4 à 30 µg/dL, avec une baisse plus forte aux faibles concentrations[15].
À Minamata, du poisson contaminé au méthylmercure a causé en 1953 la première épidémie bien documentée de cette intoxication ; des riverains exposés une vingtaine d'années à de faibles doses se plaignaient encore de troubles de la sensibilité 30 ans après la fin de l'exposition[2]. L'OMS cite pour le mercure tremblements, insomnie, pertes de mémoire et troubles moteurs, et des signes discrets chez des travailleurs exposés plusieurs années[16]. Le manganèse respiré par des mineurs ou des soudeurs peut provoquer un « manganisme », qui ressemble à la maladie de Parkinson sans lui être identique[3].
Et les maladies neurologiques courantes ?
Une méta-analyse de 88 études sur Parkinson, presque toutes cas-témoins, la plupart de qualité faible ou moyenne, ne trouve pas d'association pour la plupart des métaux ; seul le plomb des os est associé à un risque plus élevé, dans deux études, et les auteurs jugent les preuves limitées[4]. L'exposition professionnelle au plomb est associée à plus de Parkinson ou de Charcot (5 études), pas celle aux autres métaux, soudure comprise[6]. La soudure n'est pas associée à plus de Parkinson dans 13 études ; le premier auteur de cette analyse a été expert pour un cabinet d'avocats de 2008 à 2011[17]. Pour le manganèse, au travail ou dans l'environnement, l'analyse de 2023 trouve un risque à peine accru, à la limite de la significativité, dans quatre études[4].
Chez 1 291 malades d'Alzheimer, seul le cadmium était plus élevé que chez les témoins ; pas le plomb, l'arsenic ni le mercure[18]. Dans la sclérose en plaques, l'arsenic et le cadmium étaient plus élevés, avec des résultats extrêmement variables, à interpréter avec prudence selon les auteurs[5]. Pour l'autisme, une méta-analyse de 53 études trouve plus de plomb, d'arsenic et de mercure chez les enfants autistes, mais pas en Amérique du Nord pour le cadmium, l'arsenic et le mercure ; un biais de publication est signalé, sans effet selon les auteurs. Issus d'études cas-témoins, ces écarts ne permettent pas d'établir une cause, reconnaissent-ils, tout en y voyant un argument pour limiter l'exposition des femmes enceintes et des jeunes enfants[7]. Une méta-analyse d'études de cohorte et cas-témoins ne trouve pas de lien entre le thiomersal des vaccins et l'autisme[8].
Amalgames, tests et chélation
Deux essais ont tiré au sort plus de 1 000 enfants entre amalgame et résine sans mercure : malgré un peu plus de mercure urinaire, ni la mémoire, ni l'attention, ni la conduction nerveuse[9], ni le QI n'ont différé[10]. Le comité scientifique européen ne trouve pas de preuve claire d'un risque d'Alzheimer ou de Parkinson lié aux amalgames, juge les données non concluantes pour la sclérose en plaques et ne voit pas de raison générale de retirer des amalgames en bon état[19]. La FDA recommande d'éviter si possible les nouveaux amalgames chez les femmes enceintes, les jeunes enfants et certains malades[20].
En 2001, six laboratoires commerciaux de bilans minéraux ont donné des résultats contradictoires pour un même échantillon de cheveux, avec des écarts de plus de dix fois pour douze minéraux[11]. Le mercure des cheveux sert en revanche, en épidémiologie, à mesurer l'exposition au méthylmercure par le poisson[21]. Un chélateur fait monter le mercure urinaire quelle que soit l'exposition passée, et les tests « provoqués » n'ont pas de valeur diagnostique démontrée[12]. Une revue Cochrane n'a trouvé aucune preuve d'effet de la chélation sur l'autisme et juge ses risques supérieurs à ses bénéfices démontrés[13] ; aux États-Unis, trois personnes sont mortes d'une baisse du calcium pendant une chélation entre 2003 et 2005, dont un garçon autiste de cinq ans[14].
Ce site ne remplace pas un avis médical : en cas d'exposition possible au plomb ou au mercure, ou de troubles neurologiques, demandez conseil à un médecin.
Questions fréquentes
Des réponses courtes aux questions les plus courantes.
Faut-il faire retirer ses amalgames dentaires ?
Selon le comité scientifique européen, rien ne justifie en général de retirer des amalgames en bon état, sauf allergie à l'un de leurs composants[19]. La FDA ne le recommande pas non plus : le retrait fait perdre de la dent saine et expose temporairement à plus de vapeur de mercure[20]. La décision se prend avec un dentiste.
Une analyse de cheveux peut-elle révéler une intoxication aux métaux ?
Pas un bilan capillaire du commerce : six laboratoires de bilans minéraux ont donné des résultats contradictoires pour un même échantillon, et les auteurs recommandent aux soignants de ne pas s'en servir pour évaluer une exposition[11]. Le mercure des cheveux sert en revanche, dans les études, à mesurer l'exposition au méthylmercure des grands mangeurs de poisson[21] ; selon l'OMS, l'exposition au plomb se mesure dans le sang[1].
La chélation peut-elle soigner l'autisme ?
Le mercure des vaccins cause-t-il l'autisme ?
Les études ne le montrent pas : une méta-analyse (cinq cohortes, plus d'un million d'enfants au total) ne trouve pas de lien entre la vaccination, ou le thiomersal, et l'autisme[8]. Selon l'OMS, l'éthylmercure qu'il contient est éliminé rapidement et ne s'accumule pas, à la différence du méthylmercure des poissons[16].
À lire aussi
Nos fiches les plus proches de celle-ci.
Sources
Les études et les institutions sur lesquelles s'appuie cette fiche.
Numérotées dans l'ordre de lecture. Le signe ↗ indique un lien vers un autre site.
- 1
Organisation mondiale de la santé (OMS). Lead poisoning and health. OMS, aide-mémoire (page datée du 10 juin 2026), 2026.
Rapport institutionnel · accès libre
Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Aide-mémoire daté du 10 juin 2026. Les jeunes enfants sont particulièrement vulnérables au plomb, qui peut nuire de façon permanente au développement du système nerveux central. À très forte exposition : atteinte grave du cerveau, coma, convulsions, voire décès ; les enfants qui survivent peuvent garder une déficience intellectuelle et des troubles du comportement. À plus faible exposition, parfois sans symptôme : baisse du QI, troubles de l'attention et du comportement, moins bons résultats scolaires. « There is no known safe blood lead concentration » : même 3,5 µg/dL peut être associé à une baisse de l'intelligence chez l'enfant. Chez l'adulte, l'aide-mémoire cite l'hypertension, les troubles cardiovasculaires et rénaux. Page lue.
- 2
Ekino S., Susa M., Ninomiya T. et al. Minamata disease revisited : an update on the acute and chronic manifestations of methyl mercury poisoning. Journal of the Neurological Sciences, 2007.
Revue narrative · chez l'humain
DOI 10.1016/j.jns.2007.06.036 (site externe, nouvel onglet)PubMed 17681548 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue historique de l'université de Kumamoto (Japon). Première épidémie bien documentée d'intoxication aiguë au méthylmercure par la consommation de poisson contaminé, à Minamata, en 1953 ; la maladie de Minamata est reconnue officiellement en 1956. Des riverains de la mer de Shiranui, exposés à de faibles doses par le poisson pendant une vingtaine d'années, se plaignent encore de troubles de la sensibilité des extrémités et des lèvres 30 ans après la fin de l'exposition ; les auteurs les attribuent à une atteinte du cortex cérébral. Résumé lu.
- 3
O'Neal S.L., Zheng W. Manganese Toxicity Upon Overexposure : a Decade in Review. Current Environmental Health Reports, 2015.
Revue narrative · chez l'humain · accès libre
DOI 10.1007/s40572-015-0056-x (site externe, nouvel onglet)PubMed 26231508 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue narrative sur la toxicité du manganèse. L'exposition au manganèse provoque des signes ressemblant à la maladie de Parkinson, sans lui être identiques. Le manganisme professionnel est décrit chez des mineurs, des ouvriers de piles, de fonderies et d'aciéries, et des soudeurs, par inhalation ; les auteurs citent leurs propres études chez 3 200 soudeurs de Pékin, où le manganèse de l'air est corrélé au manganisme. Résumé et texte intégral lus (passages sur l'exposition professionnelle).
- 4
Zhao Y., Ray A., Portengen L. et al. Metal Exposure and Risk of Parkinson Disease : A Systematic Review and Meta-Analysis. American Journal of Epidemiology, 2023.
Méta-analyse · chez l'humain · accès libre
DOI 10.1093/aje/kwad082 (site externe, nouvel onglet)PubMed 37022311 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue systématique et méta-analyse : 83 études cas-témoins et 5 cohortes (1963 à juillet 2021), dont 73 jugées de qualité faible ou moyenne ; dans 69 études, l'exposition était déclarée ou mesurée après le diagnostic. Pas d'association pour la plupart des métaux. Seul le plomb accumulé dans les os est associé à un risque accru, dans 2 études cas-témoins (451 malades et 722 témoins ; rapports de cotes 1,34 et 1,32). Les auteurs jugent le niveau de preuve limité, des biais ne pouvant être exclus, et demandent des études mesurant les métaux avant la maladie. Résumé et texte intégral lus.
- 5
Kooshki A., Farmani R., Amirabadizadeh A. et al. Essential and toxic metal concentrations in biological samples of multiple sclerosis patients : A systematic review and meta-analysis. PLoS One, 2024.
Méta-analyse · chez l'humain · n = 10 420 · accès libre
DOI 10.1371/journal.pone.0313851 (site externe, nouvel onglet)PubMed 39642137 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue systématique (recherche jusqu'au 27 juin 2024) : 65 études, presque toutes cas-témoins ; 58 dans la méta-analyse (5 316 malades de sclérose en plaques et 5 104 témoins). Arsenic et cadmium plus élevés chez les malades, avec une hétérogénéité extrême (I² d'environ 98 %) ; pas de différence pour le plomb, le zinc, le fer et le magnésium. Les auteurs demandent d'interpréter ces résultats avec prudence, vu les méthodes différentes et la forte hétérogénéité. Résumé et texte intégral lus.
- 6
Gunnarsson L.-G., Bodin L. Occupational Exposures and Neurodegenerative Diseases-A Systematic Literature Review and Meta-Analyses. International Journal of Environmental Research and Public Health, 2019.
Méta-analyse · chez l'humain · accès libre
DOI 10.3390/ijerph16030337 (site externe, nouvel onglet)PubMed 30691095 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Méta-analyses des expositions professionnelles (champs électromagnétiques, métaux, pesticides) et maladies neurodégénératives, sur 66 publications. Métaux : 14 études ; seule l'exposition au plomb (5 études) est associée à un risque accru de maladie de Charcot (SLA) ou de Parkinson, risque relatif 1,57 (IC à 95 % : 1,11 à 2,20) ; pour les autres métaux, 0,97 (0,88 à 1,06). Le plomb n'a été étudié que pour la SLA et Parkinson. Résumé et déclarations lus.
- 7
Ding M., Shi S., Qie S. et al. Association between heavy metals exposure (cadmium, lead, arsenic, mercury) and child autistic disorder : a systematic review and meta-analysis. Frontiers in Pediatrics, 2023.
Méta-analyse · chez l'humain · n = 5 054 · accès libre
DOI 10.3389/fped.2023.1169733 (site externe, nouvel onglet)PubMed 37469682 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue systématique (recherche jusqu'en octobre 2022) : 53 études, 5 054 enfants (2 533 autistes et 2 521 témoins). Dans les cheveux et le sang, plomb, arsenic et mercure significativement plus élevés chez les enfants autistes ; résultats différents en Amérique du Nord, où les témoins avaient des taux plus élevés de cadmium, d'arsenic et de mercure (différences non significatives) ; hétérogénéité importante. Les auteurs reconnaissent que la conception cas-témoins des études ne permet pas d'établir de lien de cause, et que les facteurs de confusion n'ont pas pu être pris en compte. Résumé et texte intégral lus.
- 8
Taylor L.E., Swerdfeger A.L., Eslick G.D. Vaccines are not associated with autism : an evidence-based meta-analysis of case-control and cohort studies. Vaccine, 2014.
Méta-analyse · chez l'humain
DOI 10.1016/j.vaccine.2014.04.085 (site externe, nouvel onglet)PubMed 24814559 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Méta-analyse de 5 études de cohorte (1 256 407 enfants) et 5 études cas-témoins (9 920 enfants). Dans les cohortes, pas de lien entre l'autisme et la vaccination (rapport de cotes 0,99), le thiomersal (1,00 ; IC à 95 % : 0,77 à 1,31) ou le mercure (1,00 ; 0,93 à 1,07) ; les études cas-témoins ne montrent pas non plus de risque accru. Résumé lu.
- 9
DeRouen T.A., Martin M.D., Leroux B.G. et al. Neurobehavioral effects of dental amalgam in children : a randomized clinical trial. JAMA, 2006.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 507
DOI 10.1001/jama.295.15.1784 (site externe, nouvel onglet)PubMed 16622140 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Essai tiré au sort à Lisbonne : 507 enfants de 8 à 10 ans, caries soignées par amalgame (253) ou par résine composite sans mercure (254), suivis 7 ans. Mercure urinaire plus élevé de 1,0 à 1,5 µg/g dans le groupe amalgame ; aucune différence significative de mémoire, d'attention, de fonction visuomotrice ou de conduction nerveuse, à aucun moment. Les auteurs concluent que l'amalgame reste une option possible chez l'enfant. Résumé lu.
- 10
Bellinger D.C., Trachtenberg F., Barregard L. et al. Neuropsychological and renal effects of dental amalgam in children : a randomized clinical trial. JAMA, 2006.
Essai contrôlé randomisé · chez l'humain · n = 534
DOI 10.1001/jama.295.15.1775 (site externe, nouvel onglet)PubMed 16622139 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Essai tiré au sort en Nouvelle-Angleterre : 534 enfants de 6 à 10 ans, caries soignées par amalgame ou par résine composite, suivis 5 ans. Mercure urinaire plus élevé avec l'amalgame (0,9 contre 0,6 µg/g de créatinine à 5 ans) ; pas de différence significative d'évolution du QI (3,1 contre 2,1 points ; p = 0,21), de la mémoire, des capacités visuomotrices ni de la fonction rénale. Les auteurs n'excluent pas de très petits effets sur le QI. Résumé lu.
- 11
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Autre · chez l'humain · n = 1
DOI 10.1001/jama.285.1.67 (site externe, nouvel onglet)PubMed 11150111 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Un même échantillon de cheveux d'un volontaire en bonne santé, divisé et envoyé à 6 laboratoires américains du commerce, qui traitent 90 % de ces analyses aux États-Unis. Écarts de plus de 10 fois entre laboratoires pour 12 minéraux ; valeurs normales si différentes que presque tous les minéraux étaient classés tantôt hauts, tantôt normaux, tantôt bas ; recommandations alimentaires contradictoires. Les auteurs jugent ces analyses non fiables et recommandent aux soignants de ne pas s'en servir pour évaluer une exposition. Résumé lu.
- 12
Ruha A.-M. Recommendations for provoked challenge urine testing. Journal of Medical Toxicology, 2013.
Revue narrative · chez l'humain
DOI 10.1007/s13181-013-0350-7 (site externe, nouvel onglet)PubMed 24113861 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue d'un service de toxicologie médicale (Arizona), publiée dans la revue de l'American College of Medical Toxicology. Les tests urinaires « provoqués » consistent à donner un chélateur (DMSA, DMPS, EDTA) avant de recueillir l'urine ; aucun test standardisé ni validé, pas de valeurs de référence. Chez des volontaires, le mercure urinaire augmente après un chélateur, quelle que soit l'exposition passée, et ces tests ne révèlent pas une « charge » ancienne de mercure. La revue conclut qu'ils ne doivent pas être utilisés pour diagnostiquer une intoxication. Résumé lu.
- 13
James S., Stevenson S.W., Silove N. et al. Chelation for autism spectrum disorder (ASD). Cochrane Database of Systematic Reviews, 2015.
Revue systématique · chez l'humain · accès libre
DOI 10.1002/14651858.CD010766.pub2 (site externe, nouvel onglet)PubMed 26114777 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue Cochrane (recherche du 6 novembre 2014) : un seul essai contre placebo retenu, aux limites méthodologiques ; 77 enfants autistes puis, dans une deuxième phase, 49 enfants jugés « forts excréteurs » de métaux ont reçu du DMSA par voie orale ou un placebo jusqu'à six cycles : aucun effet sur les symptômes de l'autisme. Vu les effets indésirables graves rapportés (hypocalcémie, atteinte rénale, un décès), les auteurs jugent que les risques de la chélation dans l'autisme dépassent ses bénéfices démontrés, et qu'il faudrait d'abord établir un lien de cause entre métaux lourds et autisme. Résumé lu.
- 14
Centers for Disease Control and Prevention (CDC, États-Unis). Deaths associated with hypocalcemia from chelation therapy--Texas, Pennsylvania, and Oregon, 2003-2005. MMWR. Morbidity and Mortality Weekly Report, 2006.
Série de cas · chez l'humain · n = 3 · accès libre
PubMed 16511441 (site externe, nouvel onglet)Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Rapport des CDC, sans DOI : trois décès par arrêt cardiaque dû à une baisse du calcium dans le sang (hypocalcémie) pendant une chélation, entre 2003 et 2005. Une fillette de 2 ans traitée pour une intoxication au plomb, qui a reçu par erreur de l'édétate disodique ; un garçon de 5 ans, autiste, traité par édétate disodique en perfusion dans le cabinet d'un médecin ; une femme de 53 ans traitée par EDTA dans le cabinet d'un naturopathe. Les CDC rappellent que les chélateurs servent au traitement de l'intoxication au plomb, à confier à des spécialistes. Texte intégral lu.
- 15
Lanphear B.P., Hornung R., Khoury J. et al. Low-level environmental lead exposure and children's intellectual function : an international pooled analysis. Environmental Health Perspectives, 2005.
Étude de cohorte · chez l'humain · n = 1 333 · accès libre
DOI 10.1289/ehp.7688 (site externe, nouvel onglet)PubMed 16002379 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Analyse groupée de sept cohortes suivies de la naissance ou de la petite enfance jusqu'à 5 à 10 ans, dans plusieurs pays : 1 333 enfants. Plus la plombémie est élevée, plus le QI est bas, après ajustement. Chiffres corrigés par l'erratum de 2019 (doi 10.1289/EHP5685, PMC6792371, lu ; erreurs limitées à la cohorte de Boston, conclusions inchangées) : 6,7 points de QI en moins (IC à 95 % : 4,1 à 9,3) quand la plombémie passe de 2,4 à 30 µg/dL, dont 3,8 points entre 2,4 et 10 µg/dL ; la baisse est plus forte aux faibles concentrations. Résumé et texte intégral lus.
- 16
Organisation mondiale de la santé (OMS). Mercury and health. OMS, aide-mémoire (page datée du 24 octobre 2024), 2024.
Rapport institutionnel · accès libre
Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Aide-mémoire daté du 24 octobre 2024. Le mercure menace surtout le développement de l'enfant avant la naissance et dans les premières années. Après inhalation, ingestion ou contact cutané, des troubles neurologiques et du comportement peuvent apparaître : tremblements, insomnie, pertes de mémoire, maux de tête, troubles cognitifs et moteurs ; des signes discrets d'atteinte du système nerveux central s'observent chez des travailleurs exposés plusieurs années à 20 µg/m³ ou plus de mercure élémentaire dans l'air. L'exposition se fait surtout par le méthylmercure des poissons et fruits de mer. Le thiomersal (éthylmercure) des vaccins est éliminé rapidement et ne s'accumule pas ; selon l'OMS, rien n'indique que la quantité utilisée présente un risque pour la santé. Page lue.
- 17
Mortimer J.A., Borenstein A.R., Nelson L.M. Associations of welding and manganese exposure with Parkinson disease : review and meta-analysis. Neurology, 2012.
Méta-analyse · chez l'humain · accès libre
DOI 10.1212/WNL.0b013e3182698ced (site externe, nouvel onglet)PubMed 22965675 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Méta-analyse d'études de cohorte, cas-témoins et de mortalité. Soudure et maladie de Parkinson : 13 études, risque relatif groupé 0,86 (IC à 95 % : 0,80 à 0,92), sans hétérogénéité ; exposition au manganèse : 3 études, 0,76 (0,41 à 1,42). Les auteurs concluent que la soudure et l'exposition au manganèse ne sont pas associées à un risque accru de maladie de Parkinson ; pour le risque plus bas des soudeurs, ils évoquent le tabac, l'effet du travailleur en bonne santé ou l'hormèse. Résumé et déclarations d'intérêts lus.
- 18
Kooshki A., Farmani R., Mehrpour O. et al. Alzheimer's Disease and Circulatory Imbalance of Toxic Heavy Metals : A Systematic Review and Meta-analysis of Clinical Studies. Biological Trace Element Research, 2025.
Méta-analyse · chez l'humain · n = 3 346
DOI 10.1007/s12011-024-04326-x (site externe, nouvel onglet)PubMed 39080233 (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Revue systématique (recherche jusqu'au 7 décembre 2022) : plomb, cadmium, arsenic et mercure dans les prélèvements de malades d'Alzheimer et de témoins. 27 études retenues, 22 dans la méta-analyse (1 291 malades et 2 055 témoins). Cadmium plus élevé chez les malades (g de Hedges 0,83 ; IC à 95 % : 0,11 à 1,54) ; pas de différence significative pour les autres métaux, qui, selon les auteurs, ne seraient peut-être pas directement associés à un risque accru. Résumé lu.
- 19
Commission européenne, Comité scientifique des risques sanitaires émergents et nouveaux (SCENIHR). Opinion on the safety of dental amalgam and alternative dental restoration materials for patients and users. Commission européenne, avis adopté le 29 avril 2015, 2015.
Rapport institutionnel · accès libre
Consulter la source (site externe, nouvel onglet)Consultée le
Avis du comité scientifique européen, mise à jour de celui de 2008 (doi 10.2772/42641). Le mercure élémentaire est un toxique nerveux bien documenté, surtout pendant le développement du cerveau ; mais les preuves que l'amalgame cause des maladies neurologiques ou psychiatriques sont faibles. Pas de preuve claire d'un risque accru de maladie d'Alzheimer, de Parkinson ou de SLA ; données non concluantes pour la sclérose en plaques. Pas de lien entre l'autisme et le mercure du sang chez le jeune enfant ; une étude aux limites méthodologiques sérieuses évoque un lien entre la sévérité de l'autisme et le nombre d'amalgames de la mère pendant la grossesse, ce qui appelle d'autres recherches. Rien ne justifie en général de retirer des amalgames en bon état, sauf allergie à l'un de leurs composants ; prudence pendant la grossesse. Document lu (résumé, synthèse et chapitre sur le système nerveux).
- 20
Food and Drug Administration (FDA, États-Unis). Information for Patients About Dental Amalgam Fillings. FDA (contenu à jour au 24 septembre 2020), 2020.
Rapport institutionnel · accès libre
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Page de l'agence américaine. L'amalgame contient environ 50 % de mercure et libère de petites quantités de vapeur ; les études ne montrent pas de preuve concluante d'effets nocifs dans la population générale. Pour les personnes plus sensibles (grossesse ou projet de grossesse, allaitement, enfants surtout de moins de six ans, allergie au mercure, troubles neurologiques ou rénaux), la FDA recommande d'éviter si possible les nouveaux amalgames. Le retrait d'amalgames en bon état n'est pas recommandé : il fait perdre de la dent saine et expose temporairement à plus de vapeur de mercure. Page lue.
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Agency for Toxic Substances and Disease Registry (ATSDR, États-Unis). Toxicological Profile for Mercury. ATSDR, profil toxicologique (octobre 2024), 2024.
Rapport institutionnel · accès libre
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Profil toxicologique de l'agence américaine, daté d'octobre 2024 (chapitre 1, section 1.2, p. 4). Dans les études, le mercure se mesure dans le sang, l'urine, les cheveux ou les ongles. Chez les personnes surtout exposées à la vapeur de mercure, le mercure urinaire est un marqueur fiable ; chez celles surtout exposées au méthylmercure par une alimentation riche en poisson, « total BHg or HHg serves as a reliable biomarker of exposure » (mercure du sang ou des cheveux). Le mercure des cheveux et des ongles reflète une exposition cumulée, à long terme. Passage lu dans le document.
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Thème : Environnement et santé